L’AEEH : un soutien important pour les familles
Versée par la CAF ou la MSA, cette allocation s’adresse aux parents d’un enfant de moins de 20 ans dont le handicap est reconnu par la Maison Départementale des Personnes Handicapées ou Maison De l’Autonomie.
Son objectif n’est pas “d’indemniser” le handicap, mais de compenser les conséquences concrètes qu’il peut avoir dans la vie quotidienne de l’enfant et de sa famille.
L’AEEH sert donc à prendre en compte les dépenses supplémentaires et les contraintes liées au handicap : soins non remboursés, matériel spécialisé, transports, accompagnement humain ou encore réduction d’activité professionnelle d’un parent.
Qui peut bénéficier de l’AEEH ?
Pour obtenir l’AEEH, plusieurs conditions doivent être remplies.
L’enfant doit avoir moins de 20 ans, vivre en France de manière stable et être à la charge de ses parents.
Le handicap doit également être reconnu par la MDPH, la Maison Départementale des Personnes Handicapées. La CDAPH, la commission chargée d’étudier les dossiers, évalue alors le taux d’incapacité de l’enfant.
Pour ouvrir le droit à l’AEEH, le taux d’incapacité est d’au moins 50 %. L’incapacité doit être prévue pour une durée minimale d’un an.
Contrairement à certaines aides sociales, les revenus des parents ne sont pas pris en compte. Une famille peut donc bénéficier de l’AEEH quel que soit son niveau de ressources.
L’AEEH de base : une première aide financière
L’AEEH comprend d’abord une allocation de base versée chaque mois.
Cette aide permet de couvrir une partie des frais liés au handicap de l’enfant.
Pour être octroyé, le taux d’incapacité doit avoir été évalué à au moins 50%.
Même si elle ne compense pas l’ensemble des dépenses, elle représente un soutien important pour de nombreuses familles. Elle peut aider à financer du matériel adapté, des soins non remboursés, des déplacements réguliers ou encore certaines activités spécifiques. Attention la MDPH - MDA ne dépassera pas 75% de la dépense.
Les compléments AEEH : une aide pour répondre aux besoins de l’enfant
Les compléments AEEH sont destinés aux familles dont le handicap de l’enfant entraîne des dépenses importantes ou lorsqu’un parent doit réduire son temps de travail, arrêter son activité professionnelle ou faire appel à une aide humaine pour accompagner l’enfant au quotidien.
Quel montant en fonction des dépenses :
Attention : il est nécessaire de justifier de toutes vos dépenses par des devis (des factures pourront être demandées) ainsi que la preuve de la réduction d’activité. Les CAF ont la possibilité de suspendre voire demander le remboursement s’ils constatent que la situation n’est pas la situation réelle.
Il existe six catégories de compléments de 1 à 6.
Ils sont cumulables avec l’AEEH de base mais pas avec toutes les autres prestations.
Une majoration peut être ajoutée au complément AEEH lorsque le parent élève seul son enfant.
Montants de l’AEEH au 01/04/2026 :
AEEH de base : 153,01€
Catégorie 1 : 114,76€ (pas de majoration pour parent isolé)
Catégorie 2 : 310,80 € + 62,16 € (majoration pour parent isolé)
Catégorie 3 : 439,91 € + 86,07 € (majoration pour parent isolé)
Catégorie 4 : 681,71 € + 272,55 € (majoration pour parent isolé)
Catégorie 5 : 871,26 € + 349,06 € (majoration pour parent isolé)
Catégorie 6 : 1 298,44 € + 511,63 € (majoration pour parent isolé)
Séparation, Divorce et AEEH ?
En cas de séparation ou de garde alternée, l’AEEH et ses compléments ne peuvent être versés qu’à un seul parent. En pratique, l’AEEH est généralement versée au parent qui perçoit déjà les allocations familiales ou qui touchait l’aide avant la séparation. Si aucune demande n’avait été faite auparavant, c’est souvent le premier parent à déposer le dossier qui devient allocataire, sous réserve de l’accord de l’autre parent.
AEEH, quelle durée ?
Un décret publié au Journal officiel du 31 mars 2026 élargit les conditions permettant de bénéficier de l’AEEH sans limitation de durée. Une évolution importante pour de nombreuses familles.
Jusqu’à présent, seule une incapacité permanente d’au moins 80 % permettait, en l’absence de perspective d’amélioration, d’obtenir l’AEEH sans limitation de durée.
À compter du 1er avril 2026, ce seuil est abaissé à 50 %.
Cela signifie que les enfants présentant un taux d’incapacité compris entre 50 % et 79 % pourront eux aussi bénéficier d’une attribution sans limites de durée, à condition qu’un médecin confirme l’absence d’évolution favorable de leur état de santé.
Le dispositif s’applique à partir du 1er avril 2026 aux nouvelles demandes d’AEEH déposées à partir de cette date et aux demandes de renouvellement instruites à partir de ce mercredi 1er avril.
En revanche, les dossiers déjà en cours avant cette date restent soumis aux anciennes règles. Aucun réexamen automatique n’est prévu.
Peut-on cumuler l’AEEH avec d’autres aides ?
L’AEEH de base peut être cumulée avec la plupart des aides de la CAF,
dont l’AJPP.
Elle peut notamment être versée en même temps que certaines prestations de la CAF, des aides scolaires ou encore des remboursements liés aux soins et au matériel médical.
Et avec la PCH ?
L’AEEH de base peut être cumulée avec la
PCH, la Prestation de Compensation du Handicap. La PCH est demandée lorsque le handicap nécessite un accompagnement plus assidu en raison de la perte d'autonomie; elle n’est accordée en général qu'à partir d'un âge où l'enfant a acquis une certaine autonomie.
En revanche, les règles sont différentes concernant les compléments AEEH. Les familles doivent souvent choisir entre le complément AEEH et certains éléments de la PCH lorsque ces aides financent les mêmes besoins : aide humaine, dépenses liées au handicap ou aménagement du quotidien.
Dans certaines situations, un cumul partiel reste néanmoins possible, notamment pour certains volets spécifiques de la PCH comme l’aménagement du logement ou du véhicule.
Le choix entre le complément AEEH et PCH dépend donc des besoins de l’enfant et du montant des aides auxquelles la famille peut prétendre. Il est souvent utile de se faire accompagner par la MDPH ou un professionnel afin d’opter pour la solution la plus avantageuse.
La MDPH si vous cochez les 2 cases à la page 17 vous proposera un entretien pour évaluer la PCH puis vous donnera le choix.
LÉA peut vous accompagner dans ce choix crucial.
À retenir :
L’AEEH de base et son complément permettent de faire face aux dépenses du quotidien ainsi qu’à la présence d’une tierce personne auprès de l’enfant.
Grâce à ses compléments et ses majorations, cette allocation peut être adaptée à chaque situation, selon les besoins de l’enfant et l’impact du handicap sur la vie familiale.
Même si les démarches administratives peuvent parfois sembler longues ou complexes, déposer un dossier auprès de la MDPH constitue souvent une étape importante pour obtenir un soutien financier et un meilleur accompagnement au quotidien.
Il ne faut pas hésiter à se rapprocher de professionnels ou d’associations spécialisées comme LÉA pour être accompagné dans vos démarches.