Allons (enfants de la partie.. euh non haha) à l’essentiel Votre enfant a une notification MDPH d'aide humaine, et aucun AESH ne se présente à la rentrée — ou l'accompagnement ne couvre qu'une partie du temps notifié. Ce n'est pas une fatalité, et ce n'est pas votre faute.
La notification de la CDAPH n'est pas un souhait : c'est une décision administrative que l'État doit exécuter. Quand il ne le fait pas, vous avez des recours. Trois choses à retenir :
Asseyez-vous… voici quelques chiffres pour commencer… et ils donnent le vertige…
À la rentrée 2025, sur 352 000 élèves avec une notification MDPH pour une AESH, 48 726 n'avaient aucun accompagnement, soit 14,2 % (oui je sais c’est énorme) et l’année d’avant ils étaient 36 186 donc en gros au lieu de diminuer a augmente…. Je précise que c’est chiffres viennent de la Direction générale de l'enseignement scolaire… Donc non c’est pas ni un poisson d’avril, ni l’IA et encore moins une fake news… sorry
Autant dire que si quelqu’un a l’audace de vous dire : “ oh mais vous êtes le seul parent à vous plaindre…” euh non on est 48726….
Donc non vous n'êtes ni un cas isolé, ni un parent trop exigeant. Vous êtes un parent parmi des dizaines de milliers, face à une carence connue, documentée et malheureusement trop habituelle à mon gout ! .
Depuis la rentrée 2025 et surtout celle de 2026, les Pôles d'appui à la scolarité (PAS) remplacent progressivement les PIAL. Le Var (département où LÉA a son siège) faisait partie des quatre départements préfigurateurs dès 2024, avec l'Aisne, la Côte-d'Or et l'Eure-et-Loir.
Ce qui change concrètement pour vous :
Point de vigilance : quel que soit le sigle de l'organisation locale, la notification MDPH reste opposable à l'État et cela ne change rien à vos droits.
ATTENTION bis… Si votre enfant a une AESH mutualisée, le nombre d’heures est souvent modifié par le PIAL/PAS, par exemple 3 heures à la place de 12h… Vous avez quand même le droit de vous battre.
Avant tout recours, je privilégie la voie du dialogue. Cela règle des fois quelques situations, et surtout : cela construit votre dossier… Je me répète on double toujours les conversations orales par écrit… Vous ne faites pas ces démarches pour le fun ou parce que vous kiffez les démarches et les procédures… mais vous avez (vous et l’école) les mêmes ambitions : permettre une scolarité sereine pour TOUT LE MONDE, l'équipe enseignante, les élèves… et votre enfant
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Interlocuteur |
Comment |
À quoi ça sert |
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Le directeur / chef d'établissement |
Sur place + mail de confirmation |
Faire acter par écrit l'absence d'AESH et sa durée |
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L'enseignant référent (ERSEH) |
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Il suit le dossier MDPH de votre enfant, il est votre allié |
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Le coordinateur du PAS (ou du PIAL) |
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Il gère l'affectation des AESH sur le secteur |
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L’association LÉA |
0805 950 874, (lun-ven 9h-17h |
vous accompagnez sur vos démarches |
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La cellule départementale « école inclusive » |
0 805 805 110 (numéro national d'orientation, ouvert toute l'année) |
Elle vous bascule vers la cellule de votre département |
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La cellule nationale Aide handicap école |
0 800 730 123 (lun-ven 9h-17h, accessible aux personnes sourdes et malentendantes) — aidehandicapecole@education.gouv.fr |
Recours si le niveau départemental ne répond pas |
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L'inspecteur ASH de votre département |
Courrier + mail |
Niveau hiérarchique supérieur sur la scolarisation des élèves handicapés |
Après chaque appel, envoyez un mail de synthèse du type :
« Suite à notre échange téléphonique de ce jour à 14h30, je vous confirme que mon fils [Prénom], scolarisé en [classe] à [école], ne bénéficie d'aucun accompagnement humain depuis le [date], alors que la CDAPH a notifié le [date] une aide individuelle de X heures hebdomadaires (notification n° [XXX], ci-jointe). Vous m'avez indiqué que [résumé de la réponse]. Je vous remercie de me confirmer par écrit les délais dans lesquels un accompagnement sera affecté. »
Ce mail vaut preuve. Il datera votre demande, il fixera la réponse de l'administration, et il servira de pièce si vous allez au tribunal.
Si rien ne bouge, on passe à l’offensive….
À qui : au DASEN (Directeur académique des services de l'Éducation nationale) de votre département. Comment : courrier recommandé avec accusé de réception, doublé d'un mail avec le courrier en pièce jointe. En copie : le recteur d'académie, l'inspecteur ASH, l'enseignant référent, la MDPH, le directeur de l'école.
Pour trouver ses coordonnées : tapez « DSDEN + numéro de votre département » dans un moteur de recherche. Les courriers sont à télécharger sur le site internet de l’association : www.asso-lea.org
Le silence gardé pendant deux mois par l'administration sur votre mise en demeure vaut décision implicite de rejet (article L231-4 du Code des relations entre le public et l'administration). Et il faut une décision même implicite pour pouvoir attaquer devant le juge en référé-suspension. Sans mise en demeure, il n'y a rien à suspendre.
Deux conséquences pratiques :
La mise en demeure seule suffit rarement. Envoyez-la en étant déjà prêt·e à aller en justice.
Ces documents sont à télécharger et à modifier avec vos informations personnelles. Les champs à compléter sont surlignés en jaune, et chacun s'ouvre sur une notice d'utilisation à supprimer avant l'envoi.
Les modèles 3 et 4 vont ensemble : voir l'explication ci-dessous. Tous sont à adapter à votre situation et à votre département. Nous pouvons les relire avec vous écrivez-nous.
Vous pouvez saisir le tribunal sans avocat. Nous recommandons pourtant vivement d'en prendre un si vous le pouvez.
Avant tout : vérifiez votre protection juridique. Elle est souvent incluse dans votre assurance habitation, votre carte bancaire ou votre mutuelle, et elle peut prendre en charge tout ou partie des honoraires. Beaucoup de familles ignorent qu'elles y ont droit. Si vos ressources sont modestes, renseignez-vous sur l'aide juridictionnelle.
Où déposer : au tribunal administratif dont dépend votre département. Par courrier avec la mention « RÉFÉRÉ » bien visible sur l'enveloppe, ou en ligne via Télérecours citoyens citoyens.telerecours.fr gratuit et plus rapide.
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Situation |
Procédure |
Délai d'audience |
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L'enfant ne peut pas du tout être scolarisé faute d'AESH |
Référé-liberté (art. L521-2 CJA) |
48 heures |
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L'enfant est scolarisé malgré l'absence totale ou partielle d'AESH |
Référé-suspension (art. L521-1 CJA) |
2 à 3 semaines |
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Cas particuliers, sur conseil d'un avocat |
Référé mesures utiles (art. L521-3 CJA) |
Variable |
Ne vous trompez pas de porte. Un référé-liberté déposé alors que l'enfant est scolarisé sera jugé irrecevable — vous aurez perdu du temps et de l'énergie.
ATTENTION : pour que votre dossier soit recevable, vous devez avoir envoyé la mise en demeure et disposer d'une décision de rejet (explicite, ou implicite après deux mois de silence).
ATTENTION bis (oui je sais je suis relou)
Un référé-suspension n'existe pas tout seul. Il ne peut suspendre une décision que si celle-ci est par ailleurs attaquée au fond. Pour être plus claire, pour suspendre une décision, il faut attaquer cette décision, c’est pour ça que vous devez faire 2 demandes…
Vous devez donc déposer :
Le tribunal recevra donc deux fois le même recours en annulation. C'est normal, c'est la procédure. Pour obtenir une recevabilité, faites-vous accompagner.
Le juge examinera dans vos deux demandes :
Le juge peut ordonner la suspension du refus, une injonction de réexaminer sous un délai déterminé, et le cas échéant une astreinte par jour de retard (art. L911-1 à L911-3 CJA).
Ne partez pas sur cette voie sans avoir consulté un avocat qui connaît la pratique de votre juridiction. Dans le doute, choisissez le référé-suspension, même s'il impose d'attendre.
Vous pouvez saisir le juge immédiatement, dès la constatation de l'absence, sans mise en demeure préalable. L'audience se tient dans les 48 heures.
Le fondement : le juge administratif reconnaît le droit à l'éducation comme une liberté fondamentale, y compris pour les enfants en situation de handicap dès 3 ans (Conseil d'État, ord., 15 décembre 2010 ; TA de Nice, 15 novembre 2019).
Avant de vous lancer, et j’insiste : si votre enfant est accueilli, même quelques heures, le référé-liberté a de fortes chances d'échouer. Il est à utiliser si votre enfant est en privation totale ou quasi totale de scolarisation.
C'est pour ça que le référé-suspension est souvent la bonne porte.
En plus de votre dossier personnel, il faut fournir des pièces générales qui démontrent la carence de l'État :
LÉA peut vous transmettre ces pièces : contactez-nous.
Et après le référé je fais quoi ?
Pour encore plus d’aide, pensez au Défenseur des droits
Gratuite, sans avocat, et cumulable avec la procédure judiciaire. Le Défenseur des droits est compétent pour les atteintes aux droits de l'enfant et les discriminations liées au handicap. Il a rendu de nombreuses décisions en matière d'absence d'AESH.
Vous pouvez saisir un délégué départemental (permanences en préfecture, maison France Services, point-justice) ou déposer votre réclamation en ligne sur defenseurdesdroits.fr. C'est une voie à privilégier si vous n'êtes pas en mesure d'aller au contentieux.
En cas d'échec ou d'attente longue
Signalez la situation à votre fédération de parents d'élèves et aux autres familles de l'école : les recours collectifs sur un même secteur ont un effet réel.
Sollicitez votre parlementaire : une question écrite au ministre a un coût nul et un poids symbolique.
Recontactez-nous. Une situation qui s'enlise n'est pas une situation perdue.
Vos droits ne s'arrêtent pas à la rentrée
Toutes ces démarches valent aussi en cours d'année : si l'AESH de votre enfant part, est déplacé sur un autre établissement, ou n'est pas remplacé pendant un arrêt, vous êtes dans la même situation juridique qu'au 1er septembre. Les mêmes recours s'appliquent.
Et un rappel qui compte : l'école ne peut pas conditionner l'accueil de votre enfant à la présence d'un AESH. Une déscolarisation « en attendant » n'est pas une solution légale, c'est une carence.