Don de RTT aux aidants : un geste simple, un impact immense

En France, près de 11 millions de personnes sont proches aidants.
Chaque jour, des milliers de familles accompagnent un enfant malade, en situation de handicap ou un proche vulnérable.
Ces parents et aidants donnent sans compter, souvent au détriment de leur vie professionnelle et de leur temps de repos.

Le don de RTT est un geste simple, mais qui peut transformer la vie des familles au quotidien 

Lorsqu’un enfant est gravement malade ou en situation de handicap, le quotidien familial est profondément bouleversé. Entre les soins, les rendez-vous médicaux et la fatigue accumulée, les parents se retrouvent souvent face à une équation difficile : comment concilier leurs obligations professionnelles avec la présence indispensable auprès de leur enfant ?

Pourtant, accompagner son enfant ou un proche vulnérable ne devrait jamais impliquer de choisir entre son emploi et sa présence. C’est précisément pour répondre à cette réalité qu’existe le dispositif de don de jours de repos aux proches aidants.

Au-delà de son aspect pratique, ce mécanisme porte une forte dimension humaine. Il incarne un véritable élan de solidarité entre collègues et permet aux familles concernées de ne pas affronter seules ces moments éprouvants. Il offre surtout aux parents la possibilité de se consacrer pleinement à l’essentiel : leur enfant.

Une loi née d’une histoire profondément humaine

L’origine de ce dispositif remonte à l’histoire de Mathys, un enfant atteint d’un cancer du foie. Un jour, son père reprend le travail alors que sa présence auprès de son fils est cruciale. Ses collègues découvrent alors qu’il a épuisé l’ensemble de ses jours de congés.

Touchés par sa situation, ils décident spontanément de lui céder une partie de leurs propres jours de repos. Grâce à cet élan collectif, 170 jours sont ainsi offerts, permettant à Mathys d’être entouré de ses deux parents pendant sa maladie.

Après le décès de Mathys, ses parents choisissent de porter cette initiative au niveau législatif afin que d’autres familles puissent en bénéficier. Cette mobilisation aboutit à la loi n°2014-459 du 9 mai 2014.

Une évolution progressive pour élargir le dispositif

Depuis sa création, la loi a évolué pour répondre à un besoin croissant de reconnaissance des aidants.

En 2018, le dispositif est étendu aux agents de la fonction publique, jusque-là exclus de cette possibilité. La même année, la loi n°2018-84 du 13 février 2018 vient élargir le mécanisme aux proches aidants au sens large.

Désormais, les salariés peuvent bénéficier de dons de jours de repos ou de RTT pour accompagner un proche en situation de handicap ou en perte d’autonomie, qu’il s’agisse d’un enfant, d’un parent ou d’un conjoint.

Un parent endeuillé peut aussi en bénéficier

Lorsqu’un parent perd son enfant ou une personne de moins de 25 ans dont il a la charge effective et permanente, il a droit à 14 jours ouvrables de congés (cela peut être plus selon la convention collective de l’entreprise) et 8 jours de congé de deuil.

Un salarié peut, sous conditions et de manière anonyme, renoncer à l'ensemble ou à une partie de ses jours de repos non pris au profit d'un collègue salarié travaillant dans la même entreprise et dont l'enfant est décédé.

Cette renonciation de jours peut intervenir au cours de l'année suivant la date du décès de l’enfant.

Le rôle essentiel, mais encore méconnu, des proches aidants

Le rôle de proche aidant reste aujourd’hui insuffisamment reconnu, alors même qu’il est essentiel. Il recouvre des réalités multiples : aide physique au quotidien, soutien moral, accompagnement administratif ou encore coordination des soins.

Cette responsabilité a un impact sur l’ensemble de la vie de l’aidant, tant sur le plan personnel que professionnel.

Le don de jours de repos constitue ainsi un levier concret pour leur permettre de disposer de temps supplémentaire sans subir de perte de revenus. Il favorise un meilleur équilibre entre vie professionnelle et engagement auprès du proche aidé, et participe à une reconnaissance plus juste de leur rôle dans la société. Les jours de congé sont payés normalement, comme s'ils avaient été travaillés.


Si vous souhaitez participer à cet élan de solidarité, les démarches sont simples:

  • Se renseigner auprès de son employeur sur la procédure interne. 
  • Choisir le nombre de jours à offrir. 
  • Indiquer qu’ils sont destinés à soutenir un aidant pour un proche malade ou handicapé ou soutenir un parent endeuillé
  • L’entreprise ou l’association s’occupe du reste ! 

Mais elles sont aussi cadrées:

  • Le don est anonyme
  • On peut faire don des RTT, des récup... ou de la 5ème semaine de congés payés uniquement.
  • Le don doit se faire entre deux salariés d'une même entreprise sauf accord d'entreprises plus favorables
  • Le don est soumis à l'accord de l'entreprise
  • Le salarié qui reçoit ce don doit fournir un certificat médical détaillé

Par ailleurs, un dispositif distinct permet le don de jours de repos au profit d’organismes d’intérêt général ou d’associations reconnues d’utilité publique :

  • Le don se fait sous forme de conversion des jours de repos en versement monétaire à l’association.
  • Un même salarié peut renoncer à trois jours de repos maximum par an dans ce cadre.