MDPH : les 5 erreurs à éviter pour un dossier parfait

Commençons par le début… Qu’est ce qui fait que mon enfant peut avoir des droits à la MDPH ou MDA ?
Sa maladie? Et bien non pas du tout. Ce n’est jamais la maladie ou le handicap qui ouvrent des droits. Exemple deux enfants avec le bras droit en moins (bon je sais c’est glauque) : l’un a compensé et parvient à écrire avec sa main gauche, il s’en sort super bien à l’école de cette façon, il prend sa douche, parvient à s’habiller… Il est donc plutôt bien autonome, ses parents travaillent… Prenons l’enfant 2 : impossible pour lui de se servir de son bras gauche, il a besoin d’une AESH, de beaucoup d’heures de rééducation, il ne parvient pas à se doucher seul, ni à s’habiller seul ou à manger… L’un des parents à du réduire son activité pour l’accompagner au quotidien. Vous voyez où je veux en venir ? 

Ce qui ouvre les droits, c’est le besoin d’accompagnement pour compenser la perte d’autonomie, la perte de revenus suite à l'arrêt ou la réduction du temps de travail de l’aidant ou encore les frais non pris en charge liés au handicap (à max 75%). Pour justifier de tout ça, il faut documenter un maximum et être hyper vigilant : 

Erreur n°1: les différences entre le certificat médical, le dossier MDPH et le gevasco !

Mettez vous une minute à la place de la personne qui reçoit votre dossier… oui je sais c’est énervant déjà haha, reprenons notre exemple du bras droit en moins.
Vous recevez un dossier où le parent coche que l’enfant ne mange pas seul, ne s’habille pas seul, ne se lave pas seul… Le médecin lui coche A (soit RAS tout est OK) et l'école coche B (réalisé avec un peu d’aide mais en gros ça va…) que penseriez vous ?
La première erreur à éviter c’est celle ci ! Les 3 documents doivent être en adéquation IMPÉRATIVEMENT ! 
Pour cela je vous conseille d’assister aux réunions à l’école en ayant préparé votre propre GEVASCO en amont pour bien donner votre avis durant la réunion (et vos justifications évidemment de préférence avec déjà le certificat médical dans votre dossier…).
Bien entendu le certificat médical… Pour celui la moi je procède simplement, soit j’ai mis des post-it sur les pages avec mes annotations pour le médecin soit j’ai mis au crayon papier sur le dossier. Je viens avec les autres éléments, bilans… et dans la mesure du possible je fais en sorte d’être présente (sans enfant pour être focus) durant le “remplissage” de celui-ci.

Erreur n°2: Le projet de vie

Rédiger un projet de vie trop court, trop général ou avec l’intelligence artificielle peut pénaliser le dossier. Écrire seulement que l'enfant est en situation de handicap ou qu'il a besoin d'aide ne permet pas à la MDPH de comprendre la réalité. Le projet de vie doit raconter ce que la famille vit au quotidien. Il doit expliquer les difficultés rencontrées à la maison, à l'école, pendant les soins, dans les loisirs, lors des déplacements et dans la vie familiale. Plus les conséquences sont expliquées avec des exemples concrets, plus la MDPH peut évaluer correctement les besoins.
Certaines familles oublient également de parler de leur propre quotidien. Pourtant, la MDPH tient compte de l'impact du handicap sur toute la famille. Si un parent a dû réduire son temps de travail, arrêter son activité professionnelle, renoncer à des projets ou passer plusieurs heures par jour à accompagner son enfant, il est important de le préciser. Ces éléments peuvent avoir des conséquences sur certaines aides, notamment celles qui tiennent compte de l'aide apportée par les proches.
Chez LEA, nous avons créé une fiche réflexe projet de vie pour vous conseiller au mieux pour la rédaction de votre projet de vie. Ce document est une aide précieuse pour mettre en avant le quotidien de votre enfant et les conséquences concrètes de son handicap.
Nous vous conseillons de prendre le temps de rédiger ce document avec vos mots, en illustrant autant que possible les difficultés rencontrées au quotidien. C'est un élément essentiel du dossier, qui permet à l'équipe d'évaluation de mieux comprendre votre réalité.

Erreur n°3: Ne pas joindre tous les documents utiles. 

Le certificat médical est indispensable, mais il ne suffit pas toujours. Les bilans des professionnels, les comptes rendus de rééducation, le GEVASCO, les évaluations scolaires, les comptes rendus d'hospitalisation ou les courriers des spécialistes permettent d'apporter des preuves des difficultés décrites. Un dossier bien documenté aide la MDPH à mieux comprendre la situation.
Il arrive aussi que certaines difficultés ne soient pas mentionnées parce qu'elles semblent normales aux parents. Avec le temps, beaucoup de familles s'adaptent au handicap et finissent par ne plus remarquer tout ce qu'elles font chaque jour pour compenser les difficultés de leur enfant. Pourtant, accompagner l'habillage, surveiller en permanence, répéter plusieurs fois les consignes, gérer les crises, aider aux repas ou rester éveillé la nuit sont des informations importantes. Ce qui est devenu une habitude pour la famille représente souvent un besoin réel qui doit être connu par la MDPH.
Certaines familles demandent uniquement les aides qu'elles connaissent déjà. Elles ne savent pas toujours qu'il est possible de solliciter plusieurs droits en même temps. Selon la situation, il peut être utile de demander une AEEH, un complément, une PCH, une AESH, une orientation, une carte mobilité inclusion ou d'autres aides. Si une demande n'est pas faite, la MDPH ne pourra généralement pas l'accorder de sa propre initiative.
Chez LEA, nous vous accompagnons et vous conseillons selon votre situation.

Erreur n°4: Ne pas expliquer l'évolution prévisible de la situation. 

Certaines pathologies sont évolutives ou entraînent une fatigue qui augmente avec l'âge et les apprentissages. Il est important d'expliquer non seulement les difficultés actuelles, mais aussi les besoins qui risquent d'apparaître rapidement afin que les décisions soient adaptées.
Enfin, certaines familles acceptent un refus sans demander d'explication ou sans exercer de recours. Pourtant, une décision négative ne signifie pas toujours que la personne n'a pas droit à une aide. Le dossier peut avoir été incomplet, certaines difficultés peuvent avoir été mal comprises ou insuffisamment expliquées. Il est possible de demander les raisons de la décision, de compléter le dossier et, si nécessaire, de contester la décision dans les délais prévus.
Remplir le dossier en expliquant ce que l'enfant sait faire lorsqu'il est dans de bonnes conditions. Beaucoup de parents ont tendance à mettre en avant les progrès de leur enfant ou ses réussites. C'est une réaction naturelle. Pourtant, la MDPH doit connaître ce qui est difficile au quotidien, parce qu’ils ne vivent pas avec vous donc ils ne savent pas quel est réellement votre quotidien. Il est important d'expliquer ce que l'enfant ne peut pas faire seul, ce qu'il fait seulement avec de l'aide, le temps supplémentaire dont il a besoin, sa fatigue, ses douleurs ou les conséquences de son handicap sur sa vie de tous les jours. Sans ces informations, la commission peut penser que les besoins sont moins importants qu'ils ne le sont réellement.
En conclusion
Un dossier MDPH n'est pas un examen où il faut montrer tout ce que l'enfant sait faire. C'est un document qui doit expliquer ce qui est difficile au quotidien et les conséquences réelles du handicap sur sa vie et celle de sa famille. Plus les difficultés sont décrites avec des exemples concrets et des justificatifs, plus la MDPH pourra évaluer les besoins de façon juste. Un dossier précis, complet et sincère est la meilleure façon de permettre à la commission d'accorder les droits les plus adaptés.

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Se faire accompagner pour la réalisation du dossier n’est pas un échec, c’est une force.